« Je pourrais
en citer des dizaines, de ces petits proverbes si finauds, de ces citations
percutantes qui depuis des centaines d’années ont plus de swag que les
punchlines les plus « braaahhhh » des rappeurs les plus cotés. En
veux-tu de mon « la plume est plus forte que l’épée » ? En voilà
de mon « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » ! Oh,
ça, elle en aura fait couler de l’encre cette « Liberté » dont on
parle tant. Elle aura aussi fait couler du sang, mais il paraît que ça part
mieux que l’encre au lavage de cerveaux. Que ça c’était avant, et que vu que
c’est écrit sur les frontons de nos institutions, tout est acquis. Eh bien
non, et nous devons nous lever et nous lever encore pour que cette Liberté
continue à exister, tout comme Charlie continuera à exister dans nos âmes. »
Ceci est le genre
de saloperies rhétoriques de bas étage que vous allez liker dans les prochains
jours, en pensant humainement – car vous êtes de bonnes personnes, et là je ne
suis pas ironique – que tout cela est légitime et vrai. Diantre ! J’ai écrit
un gros mot, lapidez-moi. Mais comment décrire autrement ce type de sentences
oiseuses, emplies de mots vides et creux ? Comment qualifier ce type de
mensonges éhontés qui jouent sur notre pathos largement défoncé ces derniers
jours par des balles aux pointes moins creuses que le cerveau de ceux qui les
ont tirées ?
Revenons un peu sur
certains termes, et essayons d’être lucides. Car il faut l’être MAINTENANT,
les déchainements socio-inculturels n’attendront pas le début du week-end.



